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dernière mise à jour le 22 janvier 2017

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Mandres les roses

LE NOM
Mandres dérive du verbe latin manere, qui signifie séjourner, et qui a donné aussi les noms français manoir et maison. Plusieurs villages français s’appellent Mandres ; pour éviter les confusions, ils ont souvent ajouté un complément à leur nom. Mandres s’est ainsi appelée Mandres-en-Brie, puis en 1958 la commune prit le nom de Mandres-les-Roses, à cause de ses nombreux cultivateurs de roses.

L’HISTOIRE
Pendant les premiers siècles, le territoire de Mandres est resté inhabité. Seuls des troupeaux et leurs bergers y passaient l’été. Au cours du Moyen-Age, des villages se créèrent dans la région. Au Xème siècle, deux hameaux existaient déjà sur le territoire de Mandres. Au XIème siècle, une motte féodale fortifiée, appelée Les Tours grises, fut construite près de l’actuelle place Aristide Briand. Autour de ce manoir s’édifièrent des fermes, en nombre croissant, au fur et à mesure du défrichement. Les cours des fermes sont encore visibles dans le plan de la ville. Le village de Mandres apparaît au XIVème siècle, avec son église Saint Thibault.
Au XVIIIème, Mandres se développa. Le village comptait notamment une dizaine de vignerons qui vendaient leur vins à Paris et des pépinières où l’on cultivait des rosiers par greffe sur des églantiers sauvages.
En 1774, le frère du roi Louis XVI, et futur Louis XVIII, acheta la ferme des Tours grises pour l’intégrer dans une réserve de chasse. Sous l’ancien régime, le frère du roi était appelé Monsieur. C’est pourquoi la ferme prit alors le nom de ferme de Monsieur.

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Bieno de Monsieur - ferme de Monsieur -

En 1875 le vignoble fut détruit, mais la création de la gare ouvrit la possibilité d’acheminer rapidement des produits frais jusqu’à la capitale. Les maraîchers et pépiniéristes remplacèrent les vignerons. La ville se spécialisa dans la production de fleurs coupées, surtout les roses.
Un train qui ne circule plus aujourd’hui, appelé le train des roses, les transportait chaque jour jusqu’à Paris, où elles étaient vendues aux Halles.

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Eksstacidomo - ancienne gare (Didier Simonnet)

Au XXème siècle, les floriculteurs cessèrent la culture en plein champ et se mirent à cultiver les roses sous serre chauffée. Dans la deuxième moitié du XXème siècle, les champs disparurent de plus en plus au profit de logements pavillonnaires et la population s’accrut fortement.

DANS LA LITTERATURE
Raymond Radiguet évoque Mandres en 1923 dans son roman Le diable au corps :

J’aurais voulu habiter près de Mandres, où nous étions allés nous promener un jour, et où on cultive les roses. Depuis, quand par hasard, ayant dîné à Paris avec Marthe, nous reprenions le dernier train, j’avais respiré ces roses. Dans la cour de la gare, les manœuvres déchargent d’immenses caisses qui embaument. J’avais, toute mon enfance, entendu parler de ce mystérieux train des roses qui passe à une heure où les enfants dorment.
Marthe disait : « Les roses n’ont qu’une saison. Après, ne crains-tu pas de trouver Mandres laide ? N’est-il pas sage de choisir un lieu moins beau, mais d’un charme plus égal ? »
Je me reconnaissais bien là. L’envie de jouir pendant deux mois des roses me faisait oublier les dix autres mois, et le fait de choisir Mandres m’apportait encore une preuve de la nature éphémère de notre amour.

AUJOURD’HUI
Mandres-les-Roses compte environ 4.000 habitants. Même s’il reste moins d’une dizaine d’exploitations agricoles, le territoire de la commune est encore majoritairement rural.
Cinq horticulteurs maintiennent la tradition de la culture des roses.
Une association, les jardins de Thélème, produit des légumes biologiques et les vend en AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne).
Installée dans l’ancienne gare de Mandres, une ferme éducative ouverte aux groupes scolaires pratique sur 30 hectares l’élevage et la culture des céréales.
La ferme de Monsieur est inscrite à l’inventaire des monuments historiques pour son architecture typique des fermes briardes.

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